Huitième chapitre : Point final…
Rendu à ce point, malgré tout ce que m’avait enseigné le Seigneur par sa Parole, et malgré les convictions et réponses qu’Il m’avait données jusqu’à présent, un doute revenait parfois dans mon esprit. Dû à mon arrière-plan religieux tenace, il m’arrivait encore de « réfléchir » sur le moment exact où était reçu le baptême de l’Esprit…Je me demandais encore pourquoi, si tous les chrétiens reçoivent le baptême du Saint-Esprit à la nouvelle naissance, il se faisait que certains gardent le feu ou le retrouvent plus facilement, et que d’autres deviennent rapidement comme figés, sans force et sans vie…Bien que plusieurs éléments de réponse m’aient déjà été donnés dans les chapitres précédents, je demandai au Seigneur, un peu gêné de mon incrédulité, de me donner encore un verset, un nouvel éclaircissement, une nouvelle lumière ; je voulais tellement être sûr…Alors, en bon « Gédéon » que j’ai parfois été, j’osai demander encore une fois au Seigneur la sempiternelle question : « Est-ce que le baptême (ou effusion) du Saint-Esprit est reçu à la nouvelle naissance ou après, plus tard ? »
Le Seigneur, dans sa patience infinie envers ma lenteur à comprendre et à croire, me donna la réponse quelque temps plus tard…A ma grande consolation (pourtant Il me l’avait déjà expliqué à plusieurs reprises…), le Saint-Esprit me donna cette réponse d’une précision surprenante et inattendue : « Les deux ». Voici ce qu’Il m’expliqua à partir d’un passage de sa Parole, soit Jean 7 : 37 à 39 : « Le dernier jour, le grand jour de la fête, Jésus, se tenant debout, s’écria : Si quelqu’un a soif, qu’il vienne à moi, et qu’il boive. Celui qui croit en moi, des fleuves d’eau vive couleront de son sein, comme dit l’Écriture. Il dit cela de l’Esprit que devaient recevoir ceux qui croiraient en lui ; car l’Esprit n’était pas encore, parce que Jésus n’avait pas encore été glorifié ». Là, le Seigneur m’expliqua qu’aussitôt qu’une personne croit vraiment en Jésus, elle est baptisée, immergée, plongée dans le Saint-Esprit, ou, comme cité plus haut, des fleuves d’eau vive coulent de son sein, ce qui veut dire la même chose. Donc, le Seigneur me révélait plus clairement encore que jamais auparavant, que déjà à la nouvelle naissance, au moment où nous croyons en Jésus, que nous plaçons en lui notre confiance, nous sommes baptisés (ou immergés) dans son Esprit, et que des fleuves d’eau vive coulent déjà de notre sein.
Maintenant Jésus m’expliqua aussi que par la suite, ces fleuves d’eau vive pouvaient se transformer, plus ou moins rapidement, en « petit ruisseau presque sec » ! En effet, pour la plupart, on se souvient que lors de notre nouvelle naissance, nous avons ressenti une certaine plénitude de paix, de joie, d’amour, d’harmonie, et ce, indépendamment de toute manifestation extérieure ou réception de dons spirituels. A cet instant, nous étions vraiment enveloppés par le Saint-Esprit, et plongés dans la grâce de Dieu. Mais après, quand survient le péché, les combats, échecs, doutes, déceptions, quand nous tombons à côté du chemin de Dieu ou dans le légalisme, c’est là que nos fleuves d’eau vive se changent en désert, et qu’il faut retrouver la communion perdue, en revenant à la source, à la base, par la repentance et le retour à la foi totale en Jésus. Et l’on sait que le Seigneur se tient près de ceux qui ont le coeur brisé et contrit, qui s’humilient et reviennent à Lui de toute leur âme. Alors, à nouveau, des fleuves d’eau vive coulent de leur sein. Au terme d’une situation de crise, ou à un moment crucial et décisif de leur marche chrétienne, ils pourront, en revenant à la foi et à la grâce d’une façon entière, être de nouveau enveloppés, immergés dans le Saint-Esprit, et retrouver cette plénitude qu’ils avaient connue au tout début. Le Seigneur m’expliquait alors (ce qu’il m’avait pourtant dit auparavant d’une autre façon) que c’était pour cela que le baptême du Saint-Esprit, en tant qu’immersion dans la présence divine, devait et pouvait être renouvelé au fil de notre marche, et que chaque nouvelle effusion pouvait être plus forte et plus significative que la première ou les précédentes. Alors je compris (encore une fois !) ce qui nous a si souvent mis dans la confusion, à savoir que le ou les renouvellements de l’Esprit (selon nos besoins, la grâce et la souveraineté de Dieu) pouvaient être plus intenses et marquants que le baptême initial à la nouvelle naissance (mais pas nécessairement), ce qui pouvait nous faire penser que nous n’en avions pas reçu à ce moment-là.
Le baptême et les effusions subséquentes du Saint-Esprit sont tout simplement des opérations de remplissage d’un vase vide (comme à la nouvelle naissance), ou d’un vase qui s’est vidé, par la repentance, de péchés non confessés ou tolérés, d’épreuves et de découragement, d’incrédulité et de désobéissance entretenue, etc. La Parole de Jésus « je vous baptiserai d’Esprit-Saint et de feu » vaut autant à la nouvelle naissance qu’à n’importe quel moment après, durant notre pèlerinage chrétien. Ce sont ces expériences subséquentes auxquelles on a donné des noms et des sens quelque peu différents dans les différentes dénominations au cours de l’histoire, diverses appellations telles que : baptême du Saint-Esprit, effusion de l’Esprit, repos de la foi, grâce ultime, amour parfait, seconde bénédiction, sanctification entière, perfection chrétienne, etc. … La plénitude du Saint-Esprit en nous dépend donc de notre recherche persévérante de la face de Dieu, mais aussi de possibles expériences de renouvellement de l’Esprit, par de nouvelles effusions, à des moments clés de notre vie chrétienne, et selon la volonté de Dieu. Je crois que pour la plupart, il y aura au moins une « seconde bénédiction », qui sera aussi décisive et marquante (sinon plus) que celle reçue à la nouvelle naissance. Elle pourra être accompagnée de la réception d’un don spirituel, ou du renouvellement de la vision de Dieu pour notre vie, notre appel et notre ministère, comme ce fut le cas pour Hudson Taylor, Dwight-L. Moody, John Wesley, et une multitude d’autres depuis 2000 ans. Le nombre de ces renouvellements et leur intensité est aussi totalement sous la souveraineté et la grâce de Dieu. Une personne pourra ne recevoir qu’une seule intervention, mais très forte et décisive, tandis que d’autres recevront plusieurs visitations du Saint-Esprit, mais moins intenses...Il n’y a pas de normes, de recettes, de règles…
Mais, comme il a été expliqué plus tôt dans notre méditation, nous ne devons pas rechercher l’expérience comme telle, mais plutôt chercher Dieu lui-même. C’est Lui qui décide quand et comment envoyer une « douche » ou un « bain » du Saint-Esprit, pour un affermissement et une restauration de l’être intérieur, tel qu’indiqué dans Tite 3 :5-6 : « …Il nous a sauvés, non à cause des œuvres de justice que nous aurions faites, mais selon sa miséricorde, par le bain de la régénération et le renouvellement du Saint-Esprit. Il l’a répandu sur nous avec abondance par Jésus-Christ notre Sauveur… » Comme on nous donne un bain à notre naissance physique et que l’on devra en prendre d’autres par la suite, le Seigneur, après nous avoir baigné dans son Esprit à notre nouvelle naissance pourra, lorsque notre cœur aura amoncelé trop de poussière et de détritus, nous baigner, nous plonger de nouveau dans son Esprit (dans une eau plus ou moins chaude, selon le besoin…), afin de nous remettre dans sa plénitude. Notre part est de faire connaître à Dieu notre soif de Lui, et de lui demander (dans le repos de la foi) qu’Il nous remplisse (à nouveau) de son Esprit. Comme cela est indiqué dans Luc :11 :13, nous pourrons toujours recevoir plus d’Esprit-Saint, à force de le rechercher et de le demander dans la foi : « Si donc, méchants comme vous l’êtes, vous savez donner de bonnes choses à vos enfants, à combien plus forte raison le Père céleste donnera-t-il le St-Esprit à ceux qui le lui demandent . » Une plénitude obtenue ou retrouvée se doit d’être entretenue, par la foi, la prière et la grâce de Dieu (qui sont tous dons de Dieu).
Finalement, un certains laps de temps plus tard, alors que je méditais le livre des Actes, le Seigneur attira mon attention sur un autre passage, confirmant hors de tout doute qu’une même personne peut être remplie du Saint-Esprit à plusieurs reprises durant sa vie chrétienne. En effet, le passage d’Actes 4 :23 à 31 montre très clairement qu’il est possible pour des chrétiens (ou groupes de chrétiens) d’être immergés, remplis, ou réveillés dans l’Esprit plus d’une fois, à intervalles plus ou moins rapprochés. Selon les circonstances, le besoin, notre état, notre appel et la souveraineté de Dieu, nous pouvons donc recevoir plus d’une effusion ou intervention spéciale du Saint-Esprit. Ce passage est tellement clair et précis que j’ai peine à comprendre comment il se fait que je ne l’aie pas « digéré » avant ! Cela démontre que nous ne devons pas nous lasser de lire la Bible; le Saint-Esprit a toujours quelque chose de nouveau ou de plus à nous montrer, à nous apprendre, à nous dévoiler, en ce qui a trait à la vérité, à la volonté et à la personne de Dieu. Voyons le verset 31 de ce passage : « Quand ils eurent prié, le lieu où ils étaient assemblés trembla ; ils furent tous remplis du Saint-Esprit, et ils annonçaient la parole de Dieu avec assurance. » Il s’agit pourtant d’un même groupe de gens qui avaient participé dans la chambre haute à la Pentecôte d’Actes chapitre 2 ; ces chrétiens avaient bel et bien été remplis du Saint-Esprit, quelque temps auparavant, lors de la première effusion. Mais en cette occasion décrite dans le 4e chapitre, une nouvelle pluie de l’Esprit fut la décision et la réponse de Dieu à la persécution et aux menaces des adversaires. Dieu a alors jugé bon que ses serviteurs reçoivent un autre « bain », une autre portion spéciale et supplémentaire de son Esprit. Dieu est Dieu, et c’est à lui de décider quand, et combien de fois, ses enfants ont besoin d’être remplis du Saint-Esprit, par une intervention directe et soudaine de sa part, dans sa grâce infinie. Laissons donc le Seigneur répandre son Esprit quand, comment et autant qu’Il le veut, et n’empêchons pas les frères et soeurs de savoir, de croire, et de recevoir une plus grande portion de l’Esprit.
De plus, en lisant la biographie de William Bramwell (1759-1818), je fus étonné et réjoui de voir que lui et la plupart des responsables du réveil méthodiste des 18e et 19e siècles, avaient compris et expérimenté cette réalité, exactement comme je viens de la décrire, à savoir que le baptême de l’Esprit est une expérience renouvelable et fructueuse, désirable et voulue de Dieu. Voici d’ailleurs ce qu’écrivait le pasteur Anglais W. Bramwell dans une lettre à un ami en septembre 1815 : « Il y a trois semaines, j’ai reçu un baptême de l’Esprit plus abondant que tous ceux que j’avais reçus jusque-là. J’attends le Seigneur de toute mon âme… » Jamais cependant, ils n’ont accolé à cette expérience du baptême (ou effusion) de l’Esprit de signe physique ; ils en reconnaissaient plutôt la valeur sur le chemin du « plein salut », de « l’entière sanctification », de « l’amour parfait », pour employer les expressions typiques de cette époque. Ils ne considéraient pas non plus le baptême (ou effusion) de l’Esprit comme un but, une fin en soi, mais comme un moyen et une grâce de Dieu, un point de départ vers une plus grande sanctification. Autrement dit, ils ne fixaient pas leurs yeux sur les bénédictions elles-mêmes, mais plutôt sur la croissance spirituelle qu’emmenaient ces bénédictions. En fait, le premier baptême de l’esprit que l’on reçoit n’est que le prélude, la porte ouverte à d’autres effusions de l’Esprit, chacune constituant une étape vers une plus grande consécration et utilité dans la main de Dieu, une vie de victoire et de plénitude. Ces immersions ou effusions de l’Esprit pourront varier d’intensité et de portée d’une fois à l’autre, selon la prescience de Dieu.
Il est intéressant aussi de noter qu’il y a dans l’Ancien Testament de nombreux exemples où des personnes, qui ont déjà été touchés par l’Esprit de Dieu, en reçoivent une nouvelle portion, une plus grande portion (souvent après l’avoir demandé) : Salomon, Élie, Élisée, et un grand nombre d’autres personnages parmi les Juges, les Prophètes, etc.
Une autre image que le Seigneur me donna sur la nécessité d’une ou plusieurs effusions de l’Esprit dans la vie du croyant est celle-ci : A notre nouvelle naissance, nous sommes tous comme « un pneu flambant neuf », prêt à rouler allègrement sur les chemins de la vie chrétienne…Puis, à force de rouler sur toutes sortes de surfaces (pierreuses, bosselées, cahoteuses, etc.), et avec l’usure du temps, notre pneu devient complètement usé, « à la corde » comme on dit, et donc vulnérable à la moindre embûche. Un simple petit caillou un peu pointu pourra le dégonfler totalement ! Par une effusion de l’Esprit, le Seigneur fait de notre carcasse un pneu rechapé, comme neuf, prêt pour un nouveau départ et de nouveaux voyages. Nous pouvons alors recommencer notre route en toute confiance et sécurité, et redevenir un instrument utile et efficace dans la main de Dieu.
Donc, à ma question de savoir si on recevait le baptême (ou effusion) de l’Esprit à la nouvelle naissance ou après, le Seigneur me répondait : « Les deux »…Ce qui signifie que pendant presque 100 ans, on s’est « chamaillé » pour rien ! Par rapport à ce point précis, les deux courants opposés de l’Église avaient donc raison à 50%, et avaient tort à 50% ! Si, au lieu de nous bouder, pour tenter de convaincre l’autre groupe qu’on avait raison, nous avions eu un esprit d’ouverture et d’amour, et avions mis en commun nos convictions, connaissances, révélations et expériences, nous aurions tous été, au moins sur ce point-là, à 100% dans la vérité !
Le temps est venu de délaisser notre désunion théologique sur ce point (et sur les dons en général), entre évangéliques traditionnels et charismatiques, et de mettre fin à cette bisbille et cette confusion produites, voulues, entretenues par nous, les hommes. Notre attitude coupable a fait beaucoup de mal aux frères et sœurs des deux camps théologiques, et a affaibli l’image et le témoignage de l’Église. Nous pouvons voir maintenant combien tout ce débat qui a divisé l’Église depuis un siècle est un faux débat : « Vanité et poursuite du vent… » Nous avons gaspillé tant d’heures, d’efforts et de livres pour nous obstiner et nous disputer par rapport à des doctrines de technicité, pendant que les gens du monde souffraient et passaient à côté du salut… Mettons fin à nos chicanes par rapport aux doctrines qui sont secondaires, à nos clichés et préjugés, à nos extrémismes ou nos refus généralisants. Que le Seigneur, en ces temps de la fin, nous accorde plus d’unité et de tolérance (sans pour autant tomber dans un œcuménisme malsain), et nous purifie de l’orgueil et de l’entêtement, afin qu’une plus grande moisson d’âmes soient récoltée, et que nous rapprochions l’heure de son retour. Comme on ne peut changer le passé, et que Jésus nous demande de ne pas regarder en arrière, adoptons une attitude de foi, et vivons d’après la parole d’Hébreux 4 :7 : « Dieu fixe de nouveau un jour – aujourd’hui – en disant… : Aujourd’hui, si vous entendez sa voix, n’endurcissez pas vos cœurs ».
Neuvième chapitre : La vie chrétienne : Où sont les priorités ?
Le don des langues (tout comme n’importe quel autre) ne doit pas être un « veau d’or », élément d’idolâtrie, d’orgueil et de division. Il faut éviter les dangers qui nous guettent dans notre manière de rechercher les dons et bénédictions du Saint-Esprit :
n Il faut éviter de rechercher les dons et expériences en eux-mêmes, mais plutôt rechercher la Personne du Donateur, source de tous les dons…
n Il faut éviter de rechercher à tout prix une forme particulière d’expérience ; Dieu n’accorde pas les mêmes dons et les mêmes formes d’expériences et de bénédictions à tous (« …Il y a diversité de dons… »)
n Le réveil continu se fait dans les cœurs, au pied de la croix…
n Ne pas rechercher indûment, ni fixer nos yeux sur les miracles de Dieu, mais plutôt sur le Dieu des miracles…
n Il faut aussi éviter de rechercher une partie seulement de l’oeuvre du Saint-Esprit :
-- Ne pas désirer ses dons au détriment de son fruit…
-- Ne pas désirer la puissance au détriment de la sainteté…
-- Ne pas désirer les fruits au détriment de l’humilité…
-- Ne pas s’intéresser à l’évangile des dons et des miracles au détriment de l’évangile du brisement, du renoncement et du dépouillement de soi…
Il nous faut embrasser l’ensemble de l’évangile, qui est complet, entier, équilibré. Tout équipement spirituel en dons sans repentance continue, humilité et amour, est du vent, du bruit, et peut même facilement devenir une pierre d’achoppement, sinon de chute grave (« L’orgueil précède la chute… »). N’est-ce pas ce que dit 1 Corinthiens 13 :1 : «Quand je parlerais les langues des hommes et des anges, si je n’ai pas l’amour, je suis un airain qui résonne, ou une cymbale qui retentit ».
Un péché non confessé ou non délaissé représente un obstacle bien plus grand à la plénitude du Saint-Esprit que le fait de ne pas parler en d’autres langues. Il faut donc faire attention pour ne pas asseoir notre foi sur nos expériences personnelles ou celles des autres, indépendamment de la Bible, et même parfois en contradiction avec elle. De plus, la plénitude du St-Esprit n’est pas une expérience acquise une fois pour toutes ; c’est comme un jardin : il faut sans cesse qu’il soit travaillé, pioché, cultivé, arrosé, nettoyé des mauvaises herbes, etc. (évidemment en recevant de l’Esprit tout ce qui est nécessaire). Nous sommes tous égaux; il n’y a pas deux catégories de chrétiens. Tout chrétien a tout en Jésus, même s’il n’a pas reçu le don des langues, de prophétie, de guérison, d’enseignement, etc. …
Le jour où les croyants des deux différents courants de pensée vont revenir à l’équilibre de la Parole de Dieu sur ce point (que ce soit de façon directe ou indirecte), il va y avoir l’amorce d’un mouvement d’unité et d’amour parmi les enfants de Dieu. Nous, les chrétiens dits « charismatiques » (cette différenciation est-elle vraiment fondée et utile ? – pour moi tous les chrétiens sont disponibles et sujets à recevoir les charismes) devront avoir le courage de corriger cette erreur humaine qui a consisté à établir un signe physique et extérieur pour le baptême du Saint-Esprit, alors que rien dans la Parole (et c’est plutôt le contraire) ne justifie cette théorie. Sinon, à la limite de cette tendance, nous pourrions établir aussi un signe physique et extérieur de qui est né de nouveau et qui ne l’est pas…Non, nous n’avons pas à établir de formules toutes faites pour étiqueter des situations spirituelles comme la nouvelle naissance et le baptême de l’Esprit, qui sont des réalités intérieures. Nous devons laisser Dieu agir à sa façon et faire tout ce qu’Il veut (même si c’est de façon « folle »…), sans chercher à tout expliquer et rationaliser, ni non plus à forcer la note et produire des contrefaçons charnelles.
Nulle part dans le livre des Actes, on trouve que le don des langues est « prêché » ou qu’il doit l’être (et c’est la même chose pour la plupart des autres dons); sont plutôt prêchés le salut, la sanctification, le service dans l’amour, la communion avec le Dieu trois fois Saint (Père, Fils et Saint-Esprit). Pour ce qui est des dons spirituels (incluant le don des langues), dans le reste du Nouveau Testament, ils sont bel et bien cités, existants, reconnus, manifestes, et sont une grande bénédiction pour l’Église. L’apôtre Paul nous invite même à y aspirer d’une façon naturelle et légitime pour le bénéfice du corps de Christ. Mais nulle part on y voit cette « quête furieuse » pour le don des langues (ou tout autre don), comme c’est devenu la « tradition » malheureusement dans certaines églises au 20e siècle. Le Nouveau Testament met plutôt le focus sur Dieu, qui distribue selon son bon plaisir les dons spirituels à ses enfants, pour Sa gloire et l’avancement de son Église. C’est seulement dans le repos, la confiance et l’abandon total à la souveraineté de Dieu, que l’on peut recevoir les dons et équipements nécessaires pour pouvoir accomplir les œuvres préparées d’avance pour chacun de nous. Dans le Nouveau Testament (en particulier les Actes), les gens semblent toujours recevoir les dons de façon quelque peu inattendue et « non préméditée », d’une manière naturelle et « comme des enfants »… Ils ne semblent pas se casser la tête pour les expliquer, les analyser, les décortiquer, les comprendre, les rationaliser, en connaître le contenu et le comment, le fonctionnement, etc. Ils les reçoivent, les mettent en pratique de façon toute naturelle, et on dirait même, par leur attitude et leur spontanéité, qu’ils en demeurent « comme un peu inconscients », sans tambours ni trompettes, ce qui est la marque de l’humilité. Bien sûr, il y avait déjà des « folies », comme chez les Corinthiens, mais ce n’est pas une raison pour rejeter en bloc les dons, comme certains sont tentés de le faire, vu qu’il y a encore aussi aujourd’hui certaines « folies » et extravagances…Recherchons donc toujours l’équilibre de toute la Parole de Dieu et de toute Sa vérité.
Il ne faut pas oublier qu’il est très difficile de se défaire des fausses notions et faux usages qui nous ont été inculqués par les hommes dans les débuts de notre vie chrétienne. Il faut passer beaucoup de temps dans la présence de Dieu, dans sa Parole et la prière, et avoir vraiment un désir et une soif pour la seule vérité de Dieu. Alors seulement le brouillard peut se lever, et faire place à la lumière apportée par le Saint-Esprit, et la liberté qui en découle. D’ailleurs, lorsque ces barrières doctrinales et confessionnelles vont tomber, tous seront véritablement unis « par l’Esprit », dans une même famille, sans distinction « de race et de couleur », comme au début de l’Église, ou tout au moins comme nous le demande la Parole de Dieu.
Une autre vérité que le Seigneur m’a apprise au fil des années est celle-ci : toute croyance ou doctrine provenant de la pensée et de la tradition des hommes nous rendra insécurisés et vulnérables, en particulier lorsqu’elle rencontrera une quelconque opposition… D’un autre côté, toute conviction ou réponse nous venant de Dieu nous rendra sécurisés, paisibles, inébranlables, même devant toute forme d’opposition ou de contradiction…Il vaut la peine de réfléchir à cela…
Dixième chapitre : Pour un vrai réveil…
Nous devons donc nous efforcer de ne pas toujours cataloguer, expliquer, ériger en doctrines, traditions et recettes, les différentes œuvres et interventions de Dieu. Ne cherchons pas à toujours comprendre avec notre intelligence les voies et les actions de Dieu, qui sont au-delà de notre portée…D’autre part, demandons à Dieu le discernement spirituel pour refuser et nous éloigner des débordements et des mélanges, qui portent atteinte à sa gloire et à sa sainteté: mélange de foi et de sentimentalisme ; mélange de foi et de pensée positive humaniste ; mélange de foi et de visualisation, technique ésotérique provenant du « Nouvel Age » ; mélange de foi et de thérapie de groupe (psycho-émotionnel) ; mélange de religion et de mondanité (satisfaction de la chair) ; mélanges, mélanges, chefs d’œuvre de Satan, pour saper la puissance et la crédibilité de l’Église du Seigneur. Nous devons aussi résister à la tentation de refaire, de revivre ou d’imiter une expérience vécue à un moment précis par une personne ou un groupe de personnes. À toutes les fois que nous portons plus d’attention à une expérience qu’à « Dieu lui-même », cela emmène des pratiques burlesques dans l’Église. Toute démonstration physique, non surnaturellement et spontanément poussée par le Saint-Esprit, à l’intérieur d’un « culte » ou d’une réunion, met le focus sur la personne humaine et non sur Dieu.
Aujourd’hui (comme de tout temps), dans un certain nombre d’églises, beaucoup d’éléments nouveaux, provenant en grande partie de l’influence du siècle, avec son cortège d’individualisme, de concepts psychiques, de défoulement et de libération du « moi », produisent une grande confusion et une sorte de christianisme illusoire. C’est la même chose qui se produit dans les églises où on a fait d’une intervention inattendue et momentanée de Dieu, un genre de « sacrement » et de normatif pour toutes les rencontres par la suite. C’est vouloir reproduire indéfiniment une action de Dieu qui était réelle au début, mais qui est devenue, par le désir de l’homme de prolonger et d’institutionnaliser la bénédiction, un mélange d’ignorance et de contrefaçon charnelle du miracle initial, par l’emphase qui sera mise sur « le visible à tout prix », plutôt que sur le Dieu invisible. La pression de groupe, le désir de connaître une expérience sans faute, l’ambiance surchauffée et entretenue par un certain nombre d’intervenants et d’initiés, un enseignement unidirectionnel, tout cela peut faire dévier n’importe quel réveil vers un débordement charnel. Et souvent, les jeunes convertis, qui ne peuvent avoir le discernement de ces choses, vont être utilisés (à leur insu) pour « étirer » dans le temps une expérience de bénédiction, qui était pourtant réelle au moment où Dieu l’a envoyée.
Si l’émotivité prend le dessus sur la foi, et si les dirigeants spirituels, à la lumière des Écritures et par le discernement de l’Esprit, ne font pas le partage entre ce qui vient de Dieu et ce qui vient de la chair (comme par exemple l’a si bien fait Wesley lors du réveil méthodiste), on va assister à une sorte de perpétuation, d’imitation sans fin et de déformation du miracle initial que Dieu a fait au départ dans le but de répandre son salut et sa sainteté, et non pas de perpétuer une expérience « chatouillante ». Heureusement, en demeurant dans une communion intense avec le Seigneur et en demeurant dans sa Parole, nous pouvons être en mesure de faire la part des choses, de discerner correctement, et de demeurer le plus possible dans les voies justes, vraies et pures de notre Dieu trois fois saint, pour qui les mélanges ne sont pas agréables.
Je crois fermement aussi que nous devons apprendre, en ces temps de la fin, à éviter les faux débats, sur toutes les questions secondaires et souvent charnelles, et apprendre à nous accepter avec nos différences, tout en demeurant ferme dans la « saine doctrine », et en refusant tout compromis qui dilue les principes fondamentaux de la foi. Nous devons être ouverts aux forces et aux faiblesses de chaque groupe, et mettre en commun nos différents bagages, au lieu de faire de l’endoctrinement et du prosélytisme en faveur de nos idées préconçues et nos façons de voir et de faire. Dieu nous appelle à la repentance et à l’humilité, à la tolérance pour tout ce qui est sans importance, secondaire et personnel. Le fait que nous ayons souvent peur les uns des autres, et peur de nos différences, dénote notre manque de consécration, de sanctification et d’amour. Jésus a certainement l’intention de venir chercher une Église unie et glorieuse. Il veut que nous soyons unis, comme Lui et le Père sont Un; c’est pas peu dire ! Ouvrons nos cœurs à l’Esprit, cherchons la face de Dieu, pour qu’il enlève ce qui n’est pas de sa nature en chacun de nous et dans son Église, qu’il veut certainement revivifier pour son retour… « Aujourd’hui, si vous entendez ma voix… », dit le Seigneur. Je veux préciser qu’il ne s’agit pas cependant de tomber dans un œcuménisme charnel, qui n’est pas l’unité véritable, mais souvent un amalgame de compromis et d’erreurs sur la vérité et sur la Parole de Dieu. Non, l’unité dont la Bible parle est celle de l’amour, de l’Esprit, de Jésus qui est « le chemin, la vérité et la vie »…
Enfin, n’oublions pas que tous les réveils véritables qui sont venus de la part de Dieu depuis 2000 ans, ont toujours été en réalité un nouveau souffle (ou renouvellement) de l’Esprit, d’abord pour une ou quelques personnes, puis ensuite pour un groupe ou une région, et parfois un pays tout entier… Il ne faut jamais perdre de vue que le but principal de tout réveil est avant tout la conversion des pécheurs. Tout réveil est en quelque sorte une nouvelle immersion dans l’Esprit d’une personne ou d’un groupe de personnes (qui se sont endormies ou refroidies), pour que le salut puisse s’étendre aux inconvertis. Toutes ces effusions nouvelles de l’Esprit sont par pure grâce et sont voulues par Dieu. Seulement, en tant que sacrificateurs du Très-Haut, nous avons le privilège et la responsabilité de demander à Dieu de telles interventions, et l’on sait qu’il répond aux prières provenant de cœurs purs.
Mais, au lieu de demander à Dieu constamment des réveils spectaculaires et « divertissants », commençons par lui demander de nous réveiller chacun personnellement, de réveiller notre église, de sauver nos gens…Demandons aussi à Dieu avec insistance de préparer à l’avance des cœurs et des ouvriers nombreux pour encadrer ces réveils. Demandons-lui aussi de préserver ces réveils de toute contrefaçon charnelle, de tout débordement, mélange, déviation et diversion provenant de l’ennemi. Un réveil qui demeure vraiment sous les auspices du Saint-Esprit est quelque chose de pur, beau, saint, merveilleux, de bonne odeur et de bon goût. Un vrai réveil bénit et unit l’Église en général (le corps de Christ); il n’a pas d’arrière-goût, et ne crée pas de doute ni de confusion dans le cœur des chrétiens. Un vrai réveil est : clair, explicite, évident, manifeste, certain, sûr, indubitable, véridique, authentique, indiscutable; il n’a jamais besoin que des hommes se portent à sa défense, ou se sentent sans cesse obligés d’en légitimer les effets. Tout ce qui vient réellement de Dieu est incontestable et répand une odeur sainte, agréable, édifiante…
Nous devons être capables, avec l’assistance du Saint-Esprit, de faire la différence entre un mouvement de l’Esprit qui constitue un vrai réveil, et une imitation forcée provenant de la chair et du désir de satisfaction du « moi », débouchant en démonstrations émotives et repoussantes…Comme le disait si bien un vieux prédicateur américain que j’ai eu le bonheur d’entendre, tout « réveil » qui ne s’appuie pas essentiellement et fondamentalement sur la repentance, la sainteté et la gloire de Dieu, n’est pas un vrai réveil, mais une simulation de réveil. Veillons donc à bien nous préparer pour les réveils que le Seigneur, dans sa grâce, peut encore envoyer sur la terre, pour marquer la fin de la période de l’Église.
Il convient aussi d’ajouter encore une fois que nous ne devons pas nous perdre en conjecture sur les mots ou expressions concernant cette réalité d’un réveil ou d’une intervention de l’Esprit dans la vie d’un chrétien, d’un groupe de chrétiens, ou d’une population (ou région) entière. C’est vrai que chaque mot (ou expression) a sa nuance au niveau du sens et qu’il serait préférable que nous utilisions toujours les mots justes pour définir les réalités spirituelles. Mais c’est surtout l’impact pour le Royaume et la gloire de Dieu qui est important. Revoyons quand même quelles sont les différentes expressions utilisées pour signifier une œuvre spéciale ou réveil du Saint-Esprit :
n Baptême, immersion, réveil, renouvellement de l’Esprit…
n Pluie, souffle, vent, feu de l’Esprit, nouvelle onction ou onction renouvelée…
n Effusion de l’Esprit; être rempli du Saint-Esprit (action soudaine)…
n Réception d’une nouvelle portion, ou d’une plus grande portion de l’Esprit…
n Dieu abaisse son ciel…ouvre les écluses des cieux…
n Et toute autre expression ou façon diverse de signifier l’action de Dieu de répandre son Esprit dans une intervention puissante et soudaine de sa part…
Pour terminer ce chapitre, disons que la Bible, prise dans son ensemble et sa complémentarité, donne clairement le chemin qui conduit à la réception d’un réveil ou effusion de l’Esprit ; elle trace ce que nous pouvons appeler « le sentier de la réception de l’Esprit ». Il y en a de nombreux exemples, tant dans l’Ancien que dans le Nouveau Testament. Tous les réveils qui y ont eu lieu, ainsi que la multitude d’autres depuis 2000 ans, ont suivi le même cheminement :
1) Se repentir – désirer, avoir soif, soupirer – prier – demander avec foi (comme pure grâce) : Jérémie 29 :11 à 13 -- Osée 10 :12 -- 2 Chroniques 7 :14 -- Psaumes 27 : 13-14 -- Psaumes 130 : 5 à 8
2) Croire et attendre dans la foi et l’assurance : 1 Samuel 12 : 22 à 24 -- Esaïe chapitre 54 -- Jérémie 31 : 27 et 31 à 34 -- Esaïe 51 : 9 et 52 : 1-2 -- Jean 4 : 34-35 -- Zacharie 10 :1 -- Psaumes 128 : 5-6 -- Hébreux 10 :36-37
3) Recevoir le Saint-Esprit, les eaux vives, les bénédictions, par la foi et comme pure grâce… La réception de la plénitude du Saint-Esprit est un don de Dieu ; elle est à recevoir, elle ne se mérite pas et ne se gagne pas. Nous devons adopter une attitude d’attente dans l’action de grâces : Dire merci = façon de demander dans la foi et l’action de grâces = mettre en pratique Hébreux 11 :1 Disons merci, pour l’accomplissement des promesses de Dieu, la réalisation de sa Parole et l’exaucement de nos prières : Jean 20 :21-22 – Jean 16 :24 – Jean 4 :10 et 14 – Apocalypse 21 :6 et 22 :1 et 17 – Luc 3 :16 – Luc 18 :17 – Galates 3 :14 – Actes 1 :5 et 8 Actes 2 :38-39 – Actes 11 :15-16 – Genèse 49 :24-25 41
4) Louer et servir Dieu (Dieu nous fait passer à l’action) : Actes 4 :33 – Actes 5 :12 à 16 – Actes 6 :8 – Actes 2 : 42 à 47 – Actes 14 :3 Genèse 46 :1 à 3 -- 2 Timothée 1 :7 à 10 – Éphésiens 3 :20-21 Faisons d’Actes 4 : 29-30 notre prière personnelle et collective…
Prions aussi pour recevoir les secrets et le conseil de Dieu, la révélation de son plan, de ses œuvres, les dons de son Esprit, sa sainteté, son intelligence, sa justice…toutes grâces en Jésus : Genèse 41 :50 à 52 – Psaumes 85 :13 – Daniel 2 :19 à 22 – Amos 3 :7 Jérémie 33 :3 – Joël 2 :26 à 28
Merci Seigneur, pour le réveil que tu envoies dans ma vie, dans celle de mes frères et sœurs, dans l’Église en général, dans mon pays, et partout où tu le voudras…
Merci Seigneur de sauvegarder l’honneur de ton Nom et de glorifier ton Église en ces temps de la fin, comme tu l’as fait si puissamment lorsqu’elle a commencé…
Puissions-nous revivre aujourd’hui même tout ce qui est décrit dans le livre des Actes, afin de hâter ton retour…
Amen ! Viens, Seigneur Jésus !
Conclusion
Pour terminer, permettez-moi de citer quelques phrases tirées du livre de Roy Hession, « Réveil aujourd’hui » : « La pratique d’un don n’est pas en soi une garantie de notre communion avec le Seigneur, ou avec les frères. » « Tous les charismes ont leur vraie place, mais seulement sur le terrain de la croix (Hébreux 12 :14 : Sans la sanctification, nul ne verra le Seigneur). » « Si nous ne sommes pas satisfaits par Jésus tant que nous n’avons pas tel don, cela revient à dire : Jésus ne me suffit pas. » « Es-tu en communion avec une personne qui n’a pas reçu le don des langues, tandis que toi tu le pratiques ? Jésus l’a acceptée telle qu’elle est, sans les langues. Accepte-là sur la même base. Et toi qui ne possède pas ce don, seras-tu tout aussi chaud pour celui qui l’utilise ? Jésus l’a acceptée avec ce don. Accueille ce frère de la même façon. » Seigneur, verse ton amour et ta lumière sur nous tous, tes enfants, afin que nous soyons vraiment unis dans un seul esprit, une même pensée, un même cœur, un même amour, une même vie, un même « abandon »…Amen.
Rendu à ce point, malgré tout ce que m’avait enseigné le Seigneur par sa Parole, et malgré les convictions et réponses qu’Il m’avait données jusqu’à présent, un doute revenait parfois dans mon esprit. Dû à mon arrière-plan religieux tenace, il m’arrivait encore de « réfléchir » sur le moment exact où était reçu le baptême de l’Esprit…Je me demandais encore pourquoi, si tous les chrétiens reçoivent le baptême du Saint-Esprit à la nouvelle naissance, il se faisait que certains gardent le feu ou le retrouvent plus facilement, et que d’autres deviennent rapidement comme figés, sans force et sans vie…Bien que plusieurs éléments de réponse m’aient déjà été donnés dans les chapitres précédents, je demandai au Seigneur, un peu gêné de mon incrédulité, de me donner encore un verset, un nouvel éclaircissement, une nouvelle lumière ; je voulais tellement être sûr…Alors, en bon « Gédéon » que j’ai parfois été, j’osai demander encore une fois au Seigneur la sempiternelle question : « Est-ce que le baptême (ou effusion) du Saint-Esprit est reçu à la nouvelle naissance ou après, plus tard ? »
Le Seigneur, dans sa patience infinie envers ma lenteur à comprendre et à croire, me donna la réponse quelque temps plus tard…A ma grande consolation (pourtant Il me l’avait déjà expliqué à plusieurs reprises…), le Saint-Esprit me donna cette réponse d’une précision surprenante et inattendue : « Les deux ». Voici ce qu’Il m’expliqua à partir d’un passage de sa Parole, soit Jean 7 : 37 à 39 : « Le dernier jour, le grand jour de la fête, Jésus, se tenant debout, s’écria : Si quelqu’un a soif, qu’il vienne à moi, et qu’il boive. Celui qui croit en moi, des fleuves d’eau vive couleront de son sein, comme dit l’Écriture. Il dit cela de l’Esprit que devaient recevoir ceux qui croiraient en lui ; car l’Esprit n’était pas encore, parce que Jésus n’avait pas encore été glorifié ». Là, le Seigneur m’expliqua qu’aussitôt qu’une personne croit vraiment en Jésus, elle est baptisée, immergée, plongée dans le Saint-Esprit, ou, comme cité plus haut, des fleuves d’eau vive coulent de son sein, ce qui veut dire la même chose. Donc, le Seigneur me révélait plus clairement encore que jamais auparavant, que déjà à la nouvelle naissance, au moment où nous croyons en Jésus, que nous plaçons en lui notre confiance, nous sommes baptisés (ou immergés) dans son Esprit, et que des fleuves d’eau vive coulent déjà de notre sein.
Maintenant Jésus m’expliqua aussi que par la suite, ces fleuves d’eau vive pouvaient se transformer, plus ou moins rapidement, en « petit ruisseau presque sec » ! En effet, pour la plupart, on se souvient que lors de notre nouvelle naissance, nous avons ressenti une certaine plénitude de paix, de joie, d’amour, d’harmonie, et ce, indépendamment de toute manifestation extérieure ou réception de dons spirituels. A cet instant, nous étions vraiment enveloppés par le Saint-Esprit, et plongés dans la grâce de Dieu. Mais après, quand survient le péché, les combats, échecs, doutes, déceptions, quand nous tombons à côté du chemin de Dieu ou dans le légalisme, c’est là que nos fleuves d’eau vive se changent en désert, et qu’il faut retrouver la communion perdue, en revenant à la source, à la base, par la repentance et le retour à la foi totale en Jésus. Et l’on sait que le Seigneur se tient près de ceux qui ont le coeur brisé et contrit, qui s’humilient et reviennent à Lui de toute leur âme. Alors, à nouveau, des fleuves d’eau vive coulent de leur sein. Au terme d’une situation de crise, ou à un moment crucial et décisif de leur marche chrétienne, ils pourront, en revenant à la foi et à la grâce d’une façon entière, être de nouveau enveloppés, immergés dans le Saint-Esprit, et retrouver cette plénitude qu’ils avaient connue au tout début. Le Seigneur m’expliquait alors (ce qu’il m’avait pourtant dit auparavant d’une autre façon) que c’était pour cela que le baptême du Saint-Esprit, en tant qu’immersion dans la présence divine, devait et pouvait être renouvelé au fil de notre marche, et que chaque nouvelle effusion pouvait être plus forte et plus significative que la première ou les précédentes. Alors je compris (encore une fois !) ce qui nous a si souvent mis dans la confusion, à savoir que le ou les renouvellements de l’Esprit (selon nos besoins, la grâce et la souveraineté de Dieu) pouvaient être plus intenses et marquants que le baptême initial à la nouvelle naissance (mais pas nécessairement), ce qui pouvait nous faire penser que nous n’en avions pas reçu à ce moment-là.
Le baptême et les effusions subséquentes du Saint-Esprit sont tout simplement des opérations de remplissage d’un vase vide (comme à la nouvelle naissance), ou d’un vase qui s’est vidé, par la repentance, de péchés non confessés ou tolérés, d’épreuves et de découragement, d’incrédulité et de désobéissance entretenue, etc. La Parole de Jésus « je vous baptiserai d’Esprit-Saint et de feu » vaut autant à la nouvelle naissance qu’à n’importe quel moment après, durant notre pèlerinage chrétien. Ce sont ces expériences subséquentes auxquelles on a donné des noms et des sens quelque peu différents dans les différentes dénominations au cours de l’histoire, diverses appellations telles que : baptême du Saint-Esprit, effusion de l’Esprit, repos de la foi, grâce ultime, amour parfait, seconde bénédiction, sanctification entière, perfection chrétienne, etc. … La plénitude du Saint-Esprit en nous dépend donc de notre recherche persévérante de la face de Dieu, mais aussi de possibles expériences de renouvellement de l’Esprit, par de nouvelles effusions, à des moments clés de notre vie chrétienne, et selon la volonté de Dieu. Je crois que pour la plupart, il y aura au moins une « seconde bénédiction », qui sera aussi décisive et marquante (sinon plus) que celle reçue à la nouvelle naissance. Elle pourra être accompagnée de la réception d’un don spirituel, ou du renouvellement de la vision de Dieu pour notre vie, notre appel et notre ministère, comme ce fut le cas pour Hudson Taylor, Dwight-L. Moody, John Wesley, et une multitude d’autres depuis 2000 ans. Le nombre de ces renouvellements et leur intensité est aussi totalement sous la souveraineté et la grâce de Dieu. Une personne pourra ne recevoir qu’une seule intervention, mais très forte et décisive, tandis que d’autres recevront plusieurs visitations du Saint-Esprit, mais moins intenses...Il n’y a pas de normes, de recettes, de règles…
Mais, comme il a été expliqué plus tôt dans notre méditation, nous ne devons pas rechercher l’expérience comme telle, mais plutôt chercher Dieu lui-même. C’est Lui qui décide quand et comment envoyer une « douche » ou un « bain » du Saint-Esprit, pour un affermissement et une restauration de l’être intérieur, tel qu’indiqué dans Tite 3 :5-6 : « …Il nous a sauvés, non à cause des œuvres de justice que nous aurions faites, mais selon sa miséricorde, par le bain de la régénération et le renouvellement du Saint-Esprit. Il l’a répandu sur nous avec abondance par Jésus-Christ notre Sauveur… » Comme on nous donne un bain à notre naissance physique et que l’on devra en prendre d’autres par la suite, le Seigneur, après nous avoir baigné dans son Esprit à notre nouvelle naissance pourra, lorsque notre cœur aura amoncelé trop de poussière et de détritus, nous baigner, nous plonger de nouveau dans son Esprit (dans une eau plus ou moins chaude, selon le besoin…), afin de nous remettre dans sa plénitude. Notre part est de faire connaître à Dieu notre soif de Lui, et de lui demander (dans le repos de la foi) qu’Il nous remplisse (à nouveau) de son Esprit. Comme cela est indiqué dans Luc :11 :13, nous pourrons toujours recevoir plus d’Esprit-Saint, à force de le rechercher et de le demander dans la foi : « Si donc, méchants comme vous l’êtes, vous savez donner de bonnes choses à vos enfants, à combien plus forte raison le Père céleste donnera-t-il le St-Esprit à ceux qui le lui demandent . » Une plénitude obtenue ou retrouvée se doit d’être entretenue, par la foi, la prière et la grâce de Dieu (qui sont tous dons de Dieu).
Finalement, un certains laps de temps plus tard, alors que je méditais le livre des Actes, le Seigneur attira mon attention sur un autre passage, confirmant hors de tout doute qu’une même personne peut être remplie du Saint-Esprit à plusieurs reprises durant sa vie chrétienne. En effet, le passage d’Actes 4 :23 à 31 montre très clairement qu’il est possible pour des chrétiens (ou groupes de chrétiens) d’être immergés, remplis, ou réveillés dans l’Esprit plus d’une fois, à intervalles plus ou moins rapprochés. Selon les circonstances, le besoin, notre état, notre appel et la souveraineté de Dieu, nous pouvons donc recevoir plus d’une effusion ou intervention spéciale du Saint-Esprit. Ce passage est tellement clair et précis que j’ai peine à comprendre comment il se fait que je ne l’aie pas « digéré » avant ! Cela démontre que nous ne devons pas nous lasser de lire la Bible; le Saint-Esprit a toujours quelque chose de nouveau ou de plus à nous montrer, à nous apprendre, à nous dévoiler, en ce qui a trait à la vérité, à la volonté et à la personne de Dieu. Voyons le verset 31 de ce passage : « Quand ils eurent prié, le lieu où ils étaient assemblés trembla ; ils furent tous remplis du Saint-Esprit, et ils annonçaient la parole de Dieu avec assurance. » Il s’agit pourtant d’un même groupe de gens qui avaient participé dans la chambre haute à la Pentecôte d’Actes chapitre 2 ; ces chrétiens avaient bel et bien été remplis du Saint-Esprit, quelque temps auparavant, lors de la première effusion. Mais en cette occasion décrite dans le 4e chapitre, une nouvelle pluie de l’Esprit fut la décision et la réponse de Dieu à la persécution et aux menaces des adversaires. Dieu a alors jugé bon que ses serviteurs reçoivent un autre « bain », une autre portion spéciale et supplémentaire de son Esprit. Dieu est Dieu, et c’est à lui de décider quand, et combien de fois, ses enfants ont besoin d’être remplis du Saint-Esprit, par une intervention directe et soudaine de sa part, dans sa grâce infinie. Laissons donc le Seigneur répandre son Esprit quand, comment et autant qu’Il le veut, et n’empêchons pas les frères et soeurs de savoir, de croire, et de recevoir une plus grande portion de l’Esprit.
De plus, en lisant la biographie de William Bramwell (1759-1818), je fus étonné et réjoui de voir que lui et la plupart des responsables du réveil méthodiste des 18e et 19e siècles, avaient compris et expérimenté cette réalité, exactement comme je viens de la décrire, à savoir que le baptême de l’Esprit est une expérience renouvelable et fructueuse, désirable et voulue de Dieu. Voici d’ailleurs ce qu’écrivait le pasteur Anglais W. Bramwell dans une lettre à un ami en septembre 1815 : « Il y a trois semaines, j’ai reçu un baptême de l’Esprit plus abondant que tous ceux que j’avais reçus jusque-là. J’attends le Seigneur de toute mon âme… » Jamais cependant, ils n’ont accolé à cette expérience du baptême (ou effusion) de l’Esprit de signe physique ; ils en reconnaissaient plutôt la valeur sur le chemin du « plein salut », de « l’entière sanctification », de « l’amour parfait », pour employer les expressions typiques de cette époque. Ils ne considéraient pas non plus le baptême (ou effusion) de l’Esprit comme un but, une fin en soi, mais comme un moyen et une grâce de Dieu, un point de départ vers une plus grande sanctification. Autrement dit, ils ne fixaient pas leurs yeux sur les bénédictions elles-mêmes, mais plutôt sur la croissance spirituelle qu’emmenaient ces bénédictions. En fait, le premier baptême de l’esprit que l’on reçoit n’est que le prélude, la porte ouverte à d’autres effusions de l’Esprit, chacune constituant une étape vers une plus grande consécration et utilité dans la main de Dieu, une vie de victoire et de plénitude. Ces immersions ou effusions de l’Esprit pourront varier d’intensité et de portée d’une fois à l’autre, selon la prescience de Dieu.
Il est intéressant aussi de noter qu’il y a dans l’Ancien Testament de nombreux exemples où des personnes, qui ont déjà été touchés par l’Esprit de Dieu, en reçoivent une nouvelle portion, une plus grande portion (souvent après l’avoir demandé) : Salomon, Élie, Élisée, et un grand nombre d’autres personnages parmi les Juges, les Prophètes, etc.
Une autre image que le Seigneur me donna sur la nécessité d’une ou plusieurs effusions de l’Esprit dans la vie du croyant est celle-ci : A notre nouvelle naissance, nous sommes tous comme « un pneu flambant neuf », prêt à rouler allègrement sur les chemins de la vie chrétienne…Puis, à force de rouler sur toutes sortes de surfaces (pierreuses, bosselées, cahoteuses, etc.), et avec l’usure du temps, notre pneu devient complètement usé, « à la corde » comme on dit, et donc vulnérable à la moindre embûche. Un simple petit caillou un peu pointu pourra le dégonfler totalement ! Par une effusion de l’Esprit, le Seigneur fait de notre carcasse un pneu rechapé, comme neuf, prêt pour un nouveau départ et de nouveaux voyages. Nous pouvons alors recommencer notre route en toute confiance et sécurité, et redevenir un instrument utile et efficace dans la main de Dieu.
Donc, à ma question de savoir si on recevait le baptême (ou effusion) de l’Esprit à la nouvelle naissance ou après, le Seigneur me répondait : « Les deux »…Ce qui signifie que pendant presque 100 ans, on s’est « chamaillé » pour rien ! Par rapport à ce point précis, les deux courants opposés de l’Église avaient donc raison à 50%, et avaient tort à 50% ! Si, au lieu de nous bouder, pour tenter de convaincre l’autre groupe qu’on avait raison, nous avions eu un esprit d’ouverture et d’amour, et avions mis en commun nos convictions, connaissances, révélations et expériences, nous aurions tous été, au moins sur ce point-là, à 100% dans la vérité !
Le temps est venu de délaisser notre désunion théologique sur ce point (et sur les dons en général), entre évangéliques traditionnels et charismatiques, et de mettre fin à cette bisbille et cette confusion produites, voulues, entretenues par nous, les hommes. Notre attitude coupable a fait beaucoup de mal aux frères et sœurs des deux camps théologiques, et a affaibli l’image et le témoignage de l’Église. Nous pouvons voir maintenant combien tout ce débat qui a divisé l’Église depuis un siècle est un faux débat : « Vanité et poursuite du vent… » Nous avons gaspillé tant d’heures, d’efforts et de livres pour nous obstiner et nous disputer par rapport à des doctrines de technicité, pendant que les gens du monde souffraient et passaient à côté du salut… Mettons fin à nos chicanes par rapport aux doctrines qui sont secondaires, à nos clichés et préjugés, à nos extrémismes ou nos refus généralisants. Que le Seigneur, en ces temps de la fin, nous accorde plus d’unité et de tolérance (sans pour autant tomber dans un œcuménisme malsain), et nous purifie de l’orgueil et de l’entêtement, afin qu’une plus grande moisson d’âmes soient récoltée, et que nous rapprochions l’heure de son retour. Comme on ne peut changer le passé, et que Jésus nous demande de ne pas regarder en arrière, adoptons une attitude de foi, et vivons d’après la parole d’Hébreux 4 :7 : « Dieu fixe de nouveau un jour – aujourd’hui – en disant… : Aujourd’hui, si vous entendez sa voix, n’endurcissez pas vos cœurs ».
Neuvième chapitre : La vie chrétienne : Où sont les priorités ?
Le don des langues (tout comme n’importe quel autre) ne doit pas être un « veau d’or », élément d’idolâtrie, d’orgueil et de division. Il faut éviter les dangers qui nous guettent dans notre manière de rechercher les dons et bénédictions du Saint-Esprit :
n Il faut éviter de rechercher les dons et expériences en eux-mêmes, mais plutôt rechercher la Personne du Donateur, source de tous les dons…
n Il faut éviter de rechercher à tout prix une forme particulière d’expérience ; Dieu n’accorde pas les mêmes dons et les mêmes formes d’expériences et de bénédictions à tous (« …Il y a diversité de dons… »)
n Le réveil continu se fait dans les cœurs, au pied de la croix…
n Ne pas rechercher indûment, ni fixer nos yeux sur les miracles de Dieu, mais plutôt sur le Dieu des miracles…
n Il faut aussi éviter de rechercher une partie seulement de l’oeuvre du Saint-Esprit :
-- Ne pas désirer ses dons au détriment de son fruit…
-- Ne pas désirer la puissance au détriment de la sainteté…
-- Ne pas désirer les fruits au détriment de l’humilité…
-- Ne pas s’intéresser à l’évangile des dons et des miracles au détriment de l’évangile du brisement, du renoncement et du dépouillement de soi…
Il nous faut embrasser l’ensemble de l’évangile, qui est complet, entier, équilibré. Tout équipement spirituel en dons sans repentance continue, humilité et amour, est du vent, du bruit, et peut même facilement devenir une pierre d’achoppement, sinon de chute grave (« L’orgueil précède la chute… »). N’est-ce pas ce que dit 1 Corinthiens 13 :1 : «Quand je parlerais les langues des hommes et des anges, si je n’ai pas l’amour, je suis un airain qui résonne, ou une cymbale qui retentit ».
Un péché non confessé ou non délaissé représente un obstacle bien plus grand à la plénitude du Saint-Esprit que le fait de ne pas parler en d’autres langues. Il faut donc faire attention pour ne pas asseoir notre foi sur nos expériences personnelles ou celles des autres, indépendamment de la Bible, et même parfois en contradiction avec elle. De plus, la plénitude du St-Esprit n’est pas une expérience acquise une fois pour toutes ; c’est comme un jardin : il faut sans cesse qu’il soit travaillé, pioché, cultivé, arrosé, nettoyé des mauvaises herbes, etc. (évidemment en recevant de l’Esprit tout ce qui est nécessaire). Nous sommes tous égaux; il n’y a pas deux catégories de chrétiens. Tout chrétien a tout en Jésus, même s’il n’a pas reçu le don des langues, de prophétie, de guérison, d’enseignement, etc. …
Le jour où les croyants des deux différents courants de pensée vont revenir à l’équilibre de la Parole de Dieu sur ce point (que ce soit de façon directe ou indirecte), il va y avoir l’amorce d’un mouvement d’unité et d’amour parmi les enfants de Dieu. Nous, les chrétiens dits « charismatiques » (cette différenciation est-elle vraiment fondée et utile ? – pour moi tous les chrétiens sont disponibles et sujets à recevoir les charismes) devront avoir le courage de corriger cette erreur humaine qui a consisté à établir un signe physique et extérieur pour le baptême du Saint-Esprit, alors que rien dans la Parole (et c’est plutôt le contraire) ne justifie cette théorie. Sinon, à la limite de cette tendance, nous pourrions établir aussi un signe physique et extérieur de qui est né de nouveau et qui ne l’est pas…Non, nous n’avons pas à établir de formules toutes faites pour étiqueter des situations spirituelles comme la nouvelle naissance et le baptême de l’Esprit, qui sont des réalités intérieures. Nous devons laisser Dieu agir à sa façon et faire tout ce qu’Il veut (même si c’est de façon « folle »…), sans chercher à tout expliquer et rationaliser, ni non plus à forcer la note et produire des contrefaçons charnelles.
Nulle part dans le livre des Actes, on trouve que le don des langues est « prêché » ou qu’il doit l’être (et c’est la même chose pour la plupart des autres dons); sont plutôt prêchés le salut, la sanctification, le service dans l’amour, la communion avec le Dieu trois fois Saint (Père, Fils et Saint-Esprit). Pour ce qui est des dons spirituels (incluant le don des langues), dans le reste du Nouveau Testament, ils sont bel et bien cités, existants, reconnus, manifestes, et sont une grande bénédiction pour l’Église. L’apôtre Paul nous invite même à y aspirer d’une façon naturelle et légitime pour le bénéfice du corps de Christ. Mais nulle part on y voit cette « quête furieuse » pour le don des langues (ou tout autre don), comme c’est devenu la « tradition » malheureusement dans certaines églises au 20e siècle. Le Nouveau Testament met plutôt le focus sur Dieu, qui distribue selon son bon plaisir les dons spirituels à ses enfants, pour Sa gloire et l’avancement de son Église. C’est seulement dans le repos, la confiance et l’abandon total à la souveraineté de Dieu, que l’on peut recevoir les dons et équipements nécessaires pour pouvoir accomplir les œuvres préparées d’avance pour chacun de nous. Dans le Nouveau Testament (en particulier les Actes), les gens semblent toujours recevoir les dons de façon quelque peu inattendue et « non préméditée », d’une manière naturelle et « comme des enfants »… Ils ne semblent pas se casser la tête pour les expliquer, les analyser, les décortiquer, les comprendre, les rationaliser, en connaître le contenu et le comment, le fonctionnement, etc. Ils les reçoivent, les mettent en pratique de façon toute naturelle, et on dirait même, par leur attitude et leur spontanéité, qu’ils en demeurent « comme un peu inconscients », sans tambours ni trompettes, ce qui est la marque de l’humilité. Bien sûr, il y avait déjà des « folies », comme chez les Corinthiens, mais ce n’est pas une raison pour rejeter en bloc les dons, comme certains sont tentés de le faire, vu qu’il y a encore aussi aujourd’hui certaines « folies » et extravagances…Recherchons donc toujours l’équilibre de toute la Parole de Dieu et de toute Sa vérité.
Il ne faut pas oublier qu’il est très difficile de se défaire des fausses notions et faux usages qui nous ont été inculqués par les hommes dans les débuts de notre vie chrétienne. Il faut passer beaucoup de temps dans la présence de Dieu, dans sa Parole et la prière, et avoir vraiment un désir et une soif pour la seule vérité de Dieu. Alors seulement le brouillard peut se lever, et faire place à la lumière apportée par le Saint-Esprit, et la liberté qui en découle. D’ailleurs, lorsque ces barrières doctrinales et confessionnelles vont tomber, tous seront véritablement unis « par l’Esprit », dans une même famille, sans distinction « de race et de couleur », comme au début de l’Église, ou tout au moins comme nous le demande la Parole de Dieu.
Une autre vérité que le Seigneur m’a apprise au fil des années est celle-ci : toute croyance ou doctrine provenant de la pensée et de la tradition des hommes nous rendra insécurisés et vulnérables, en particulier lorsqu’elle rencontrera une quelconque opposition… D’un autre côté, toute conviction ou réponse nous venant de Dieu nous rendra sécurisés, paisibles, inébranlables, même devant toute forme d’opposition ou de contradiction…Il vaut la peine de réfléchir à cela…
Dixième chapitre : Pour un vrai réveil…
Nous devons donc nous efforcer de ne pas toujours cataloguer, expliquer, ériger en doctrines, traditions et recettes, les différentes œuvres et interventions de Dieu. Ne cherchons pas à toujours comprendre avec notre intelligence les voies et les actions de Dieu, qui sont au-delà de notre portée…D’autre part, demandons à Dieu le discernement spirituel pour refuser et nous éloigner des débordements et des mélanges, qui portent atteinte à sa gloire et à sa sainteté: mélange de foi et de sentimentalisme ; mélange de foi et de pensée positive humaniste ; mélange de foi et de visualisation, technique ésotérique provenant du « Nouvel Age » ; mélange de foi et de thérapie de groupe (psycho-émotionnel) ; mélange de religion et de mondanité (satisfaction de la chair) ; mélanges, mélanges, chefs d’œuvre de Satan, pour saper la puissance et la crédibilité de l’Église du Seigneur. Nous devons aussi résister à la tentation de refaire, de revivre ou d’imiter une expérience vécue à un moment précis par une personne ou un groupe de personnes. À toutes les fois que nous portons plus d’attention à une expérience qu’à « Dieu lui-même », cela emmène des pratiques burlesques dans l’Église. Toute démonstration physique, non surnaturellement et spontanément poussée par le Saint-Esprit, à l’intérieur d’un « culte » ou d’une réunion, met le focus sur la personne humaine et non sur Dieu.
Aujourd’hui (comme de tout temps), dans un certain nombre d’églises, beaucoup d’éléments nouveaux, provenant en grande partie de l’influence du siècle, avec son cortège d’individualisme, de concepts psychiques, de défoulement et de libération du « moi », produisent une grande confusion et une sorte de christianisme illusoire. C’est la même chose qui se produit dans les églises où on a fait d’une intervention inattendue et momentanée de Dieu, un genre de « sacrement » et de normatif pour toutes les rencontres par la suite. C’est vouloir reproduire indéfiniment une action de Dieu qui était réelle au début, mais qui est devenue, par le désir de l’homme de prolonger et d’institutionnaliser la bénédiction, un mélange d’ignorance et de contrefaçon charnelle du miracle initial, par l’emphase qui sera mise sur « le visible à tout prix », plutôt que sur le Dieu invisible. La pression de groupe, le désir de connaître une expérience sans faute, l’ambiance surchauffée et entretenue par un certain nombre d’intervenants et d’initiés, un enseignement unidirectionnel, tout cela peut faire dévier n’importe quel réveil vers un débordement charnel. Et souvent, les jeunes convertis, qui ne peuvent avoir le discernement de ces choses, vont être utilisés (à leur insu) pour « étirer » dans le temps une expérience de bénédiction, qui était pourtant réelle au moment où Dieu l’a envoyée.
Si l’émotivité prend le dessus sur la foi, et si les dirigeants spirituels, à la lumière des Écritures et par le discernement de l’Esprit, ne font pas le partage entre ce qui vient de Dieu et ce qui vient de la chair (comme par exemple l’a si bien fait Wesley lors du réveil méthodiste), on va assister à une sorte de perpétuation, d’imitation sans fin et de déformation du miracle initial que Dieu a fait au départ dans le but de répandre son salut et sa sainteté, et non pas de perpétuer une expérience « chatouillante ». Heureusement, en demeurant dans une communion intense avec le Seigneur et en demeurant dans sa Parole, nous pouvons être en mesure de faire la part des choses, de discerner correctement, et de demeurer le plus possible dans les voies justes, vraies et pures de notre Dieu trois fois saint, pour qui les mélanges ne sont pas agréables.
Je crois fermement aussi que nous devons apprendre, en ces temps de la fin, à éviter les faux débats, sur toutes les questions secondaires et souvent charnelles, et apprendre à nous accepter avec nos différences, tout en demeurant ferme dans la « saine doctrine », et en refusant tout compromis qui dilue les principes fondamentaux de la foi. Nous devons être ouverts aux forces et aux faiblesses de chaque groupe, et mettre en commun nos différents bagages, au lieu de faire de l’endoctrinement et du prosélytisme en faveur de nos idées préconçues et nos façons de voir et de faire. Dieu nous appelle à la repentance et à l’humilité, à la tolérance pour tout ce qui est sans importance, secondaire et personnel. Le fait que nous ayons souvent peur les uns des autres, et peur de nos différences, dénote notre manque de consécration, de sanctification et d’amour. Jésus a certainement l’intention de venir chercher une Église unie et glorieuse. Il veut que nous soyons unis, comme Lui et le Père sont Un; c’est pas peu dire ! Ouvrons nos cœurs à l’Esprit, cherchons la face de Dieu, pour qu’il enlève ce qui n’est pas de sa nature en chacun de nous et dans son Église, qu’il veut certainement revivifier pour son retour… « Aujourd’hui, si vous entendez ma voix… », dit le Seigneur. Je veux préciser qu’il ne s’agit pas cependant de tomber dans un œcuménisme charnel, qui n’est pas l’unité véritable, mais souvent un amalgame de compromis et d’erreurs sur la vérité et sur la Parole de Dieu. Non, l’unité dont la Bible parle est celle de l’amour, de l’Esprit, de Jésus qui est « le chemin, la vérité et la vie »…
Enfin, n’oublions pas que tous les réveils véritables qui sont venus de la part de Dieu depuis 2000 ans, ont toujours été en réalité un nouveau souffle (ou renouvellement) de l’Esprit, d’abord pour une ou quelques personnes, puis ensuite pour un groupe ou une région, et parfois un pays tout entier… Il ne faut jamais perdre de vue que le but principal de tout réveil est avant tout la conversion des pécheurs. Tout réveil est en quelque sorte une nouvelle immersion dans l’Esprit d’une personne ou d’un groupe de personnes (qui se sont endormies ou refroidies), pour que le salut puisse s’étendre aux inconvertis. Toutes ces effusions nouvelles de l’Esprit sont par pure grâce et sont voulues par Dieu. Seulement, en tant que sacrificateurs du Très-Haut, nous avons le privilège et la responsabilité de demander à Dieu de telles interventions, et l’on sait qu’il répond aux prières provenant de cœurs purs.
Mais, au lieu de demander à Dieu constamment des réveils spectaculaires et « divertissants », commençons par lui demander de nous réveiller chacun personnellement, de réveiller notre église, de sauver nos gens…Demandons aussi à Dieu avec insistance de préparer à l’avance des cœurs et des ouvriers nombreux pour encadrer ces réveils. Demandons-lui aussi de préserver ces réveils de toute contrefaçon charnelle, de tout débordement, mélange, déviation et diversion provenant de l’ennemi. Un réveil qui demeure vraiment sous les auspices du Saint-Esprit est quelque chose de pur, beau, saint, merveilleux, de bonne odeur et de bon goût. Un vrai réveil bénit et unit l’Église en général (le corps de Christ); il n’a pas d’arrière-goût, et ne crée pas de doute ni de confusion dans le cœur des chrétiens. Un vrai réveil est : clair, explicite, évident, manifeste, certain, sûr, indubitable, véridique, authentique, indiscutable; il n’a jamais besoin que des hommes se portent à sa défense, ou se sentent sans cesse obligés d’en légitimer les effets. Tout ce qui vient réellement de Dieu est incontestable et répand une odeur sainte, agréable, édifiante…
Nous devons être capables, avec l’assistance du Saint-Esprit, de faire la différence entre un mouvement de l’Esprit qui constitue un vrai réveil, et une imitation forcée provenant de la chair et du désir de satisfaction du « moi », débouchant en démonstrations émotives et repoussantes…Comme le disait si bien un vieux prédicateur américain que j’ai eu le bonheur d’entendre, tout « réveil » qui ne s’appuie pas essentiellement et fondamentalement sur la repentance, la sainteté et la gloire de Dieu, n’est pas un vrai réveil, mais une simulation de réveil. Veillons donc à bien nous préparer pour les réveils que le Seigneur, dans sa grâce, peut encore envoyer sur la terre, pour marquer la fin de la période de l’Église.
Il convient aussi d’ajouter encore une fois que nous ne devons pas nous perdre en conjecture sur les mots ou expressions concernant cette réalité d’un réveil ou d’une intervention de l’Esprit dans la vie d’un chrétien, d’un groupe de chrétiens, ou d’une population (ou région) entière. C’est vrai que chaque mot (ou expression) a sa nuance au niveau du sens et qu’il serait préférable que nous utilisions toujours les mots justes pour définir les réalités spirituelles. Mais c’est surtout l’impact pour le Royaume et la gloire de Dieu qui est important. Revoyons quand même quelles sont les différentes expressions utilisées pour signifier une œuvre spéciale ou réveil du Saint-Esprit :
n Baptême, immersion, réveil, renouvellement de l’Esprit…
n Pluie, souffle, vent, feu de l’Esprit, nouvelle onction ou onction renouvelée…
n Effusion de l’Esprit; être rempli du Saint-Esprit (action soudaine)…
n Réception d’une nouvelle portion, ou d’une plus grande portion de l’Esprit…
n Dieu abaisse son ciel…ouvre les écluses des cieux…
n Et toute autre expression ou façon diverse de signifier l’action de Dieu de répandre son Esprit dans une intervention puissante et soudaine de sa part…
Pour terminer ce chapitre, disons que la Bible, prise dans son ensemble et sa complémentarité, donne clairement le chemin qui conduit à la réception d’un réveil ou effusion de l’Esprit ; elle trace ce que nous pouvons appeler « le sentier de la réception de l’Esprit ». Il y en a de nombreux exemples, tant dans l’Ancien que dans le Nouveau Testament. Tous les réveils qui y ont eu lieu, ainsi que la multitude d’autres depuis 2000 ans, ont suivi le même cheminement :
1) Se repentir – désirer, avoir soif, soupirer – prier – demander avec foi (comme pure grâce) : Jérémie 29 :11 à 13 -- Osée 10 :12 -- 2 Chroniques 7 :14 -- Psaumes 27 : 13-14 -- Psaumes 130 : 5 à 8
2) Croire et attendre dans la foi et l’assurance : 1 Samuel 12 : 22 à 24 -- Esaïe chapitre 54 -- Jérémie 31 : 27 et 31 à 34 -- Esaïe 51 : 9 et 52 : 1-2 -- Jean 4 : 34-35 -- Zacharie 10 :1 -- Psaumes 128 : 5-6 -- Hébreux 10 :36-37
3) Recevoir le Saint-Esprit, les eaux vives, les bénédictions, par la foi et comme pure grâce… La réception de la plénitude du Saint-Esprit est un don de Dieu ; elle est à recevoir, elle ne se mérite pas et ne se gagne pas. Nous devons adopter une attitude d’attente dans l’action de grâces : Dire merci = façon de demander dans la foi et l’action de grâces = mettre en pratique Hébreux 11 :1 Disons merci, pour l’accomplissement des promesses de Dieu, la réalisation de sa Parole et l’exaucement de nos prières : Jean 20 :21-22 – Jean 16 :24 – Jean 4 :10 et 14 – Apocalypse 21 :6 et 22 :1 et 17 – Luc 3 :16 – Luc 18 :17 – Galates 3 :14 – Actes 1 :5 et 8 Actes 2 :38-39 – Actes 11 :15-16 – Genèse 49 :24-25 41
4) Louer et servir Dieu (Dieu nous fait passer à l’action) : Actes 4 :33 – Actes 5 :12 à 16 – Actes 6 :8 – Actes 2 : 42 à 47 – Actes 14 :3 Genèse 46 :1 à 3 -- 2 Timothée 1 :7 à 10 – Éphésiens 3 :20-21 Faisons d’Actes 4 : 29-30 notre prière personnelle et collective…
Prions aussi pour recevoir les secrets et le conseil de Dieu, la révélation de son plan, de ses œuvres, les dons de son Esprit, sa sainteté, son intelligence, sa justice…toutes grâces en Jésus : Genèse 41 :50 à 52 – Psaumes 85 :13 – Daniel 2 :19 à 22 – Amos 3 :7 Jérémie 33 :3 – Joël 2 :26 à 28
Merci Seigneur, pour le réveil que tu envoies dans ma vie, dans celle de mes frères et sœurs, dans l’Église en général, dans mon pays, et partout où tu le voudras…
Merci Seigneur de sauvegarder l’honneur de ton Nom et de glorifier ton Église en ces temps de la fin, comme tu l’as fait si puissamment lorsqu’elle a commencé…
Puissions-nous revivre aujourd’hui même tout ce qui est décrit dans le livre des Actes, afin de hâter ton retour…
Amen ! Viens, Seigneur Jésus !
Conclusion
Pour terminer, permettez-moi de citer quelques phrases tirées du livre de Roy Hession, « Réveil aujourd’hui » : « La pratique d’un don n’est pas en soi une garantie de notre communion avec le Seigneur, ou avec les frères. » « Tous les charismes ont leur vraie place, mais seulement sur le terrain de la croix (Hébreux 12 :14 : Sans la sanctification, nul ne verra le Seigneur). » « Si nous ne sommes pas satisfaits par Jésus tant que nous n’avons pas tel don, cela revient à dire : Jésus ne me suffit pas. » « Es-tu en communion avec une personne qui n’a pas reçu le don des langues, tandis que toi tu le pratiques ? Jésus l’a acceptée telle qu’elle est, sans les langues. Accepte-là sur la même base. Et toi qui ne possède pas ce don, seras-tu tout aussi chaud pour celui qui l’utilise ? Jésus l’a acceptée avec ce don. Accueille ce frère de la même façon. » Seigneur, verse ton amour et ta lumière sur nous tous, tes enfants, afin que nous soyons vraiment unis dans un seul esprit, une même pensée, un même cœur, un même amour, une même vie, un même « abandon »…Amen.

